...491 N° 157 Mars 2010
La Tribut du Verbe
Acteurs de la scène slam lyonnaise depuis le départ, les 4 membres de La tribut du verbe ont franchi le Rubicon cette année en imaginant C’Slam ! Ouvre toi, un spectacle poétique en mode polyphonique. Entretien.
Sur le sens de « La Tribut du Verbe »
…Il ya bien des références à la tribu et à l’attribut du sujet en français dans le texte. Mais nous avions plutôt envie d’être tributaires du verbe( !), et nous revendiquons une approche libre de la langue.
Slam ?
A l’origine, en argot américain, slam c’est « faire claquer les mots » ! ensuite, il y a la scène slam, c'est-à-dire le fait d’organiser une scène ouverte à tous, le plus souvent sous forme de tournoi. A partir de là, le slam devient un nouvel « art de dire » et de « mettre en voix » la poésie sur une scène.
On parle ainsi de slam poésie
Effectivement, et si l’on considère la poésie comme l’art d’exprimer sa propre vision du monde à travers des mots choisis, alors le slam est poésie.
Vos racines poétiques et rythmiques ?
Le prisme est très large ! De René Char au rap old school américain : la matière première est infinie et chacun d’entre nous y puise selon ses goûts de prédilection.
Depuis quand vous êtes vous destinés au slam et pourquoi avoir fondé La Tribut du Verbe (LTDV) ?
Nous nous sommes retrouvés, chacun à titre individuel, parties prenantes des Slams sessions organisées au Bistroy dès 2002. A partir d’un moment, disons que nous avons eu envie de dépasser le format « performance » de la scène slam (5 minutes de temps de parole, sans mise en scène ni accessoire) et tirer autre chose de notre écriture.
Pour satisfaire une ambition artistique ?
Nous avions effectivement l’ambition de travailler à la mise en scène de textes à plusieurs voix, afin de créer, à terme, un véritable spectacle de polyphonies slam. Mais, au départ, nous avons simplement monté LDTV comme on fonde un groupe de musique, si ce n’est que nous ne jouons que d’un seul instrument : la voix.
Slam toujours ?
Dans l’esprit oui, puisque nous sommes restés « a capella » et en cela fidèles à cet art brut dont l’objectif n°1 est de se faire entendre et comprendre par le plus grand nombre. Nous travaillons ainsi avec la matière première du slam, c'est-à-dire des mots, des voix et des corps sur scène ; Point barre. Mais à partir de cette esthétique slam, il s’agit ensuite pour nous d’aller plus loin : ou comment faire de la poésie un vrai spectacle vivant.
Ainsi, l’union des voix fait la force des mots : comment écrit on à 8 mains ?
A force de pratique et de complicité depuis 5 ans. Mais la gestation peut s’avérer longue, puisqu’il est arrivé qu’un texte tourne entre nous durant 2 ans avant d’être « retenu » ; Pour LTDV, le texte est donc une matière vivante, toujours susceptible d’évoluer.
Au-delà de la mise en mots, il y ensuite la mise en voix, puis la mise en scène…
Et nous avons pu, grâce au Projet Bizarre ! à Vénissieux, effectuer des résidences pour travailler cette mise en scène sur la durée. Une fois la phase d’écriture achevée, il s’agit en effet de voir et d’entendre ce que cela peut donner sur les planches ; et l’on repart quasiment de zéro avec le texte, tant les choses peuvent bouger au niveau du rendu scénique.
Qu’est ce que la langue française pour vous ?
Un outil que l’on s’approprie et qui devient autant outil de travail que de jeu !
Vous animez également des ateliers d’écriture.
Au départ, il s’agissait de faire connaître le slam en tant que prise de parole en public, libre et accessible à tous. Ensuite, c’est aussi une méthode pour initier les gens à l’écriture et surtout les inciter à s’exprimer.
Au-delà de la forme, il y a le discours…
Ce que l’on écrit n’est jamais gratuit, mais nous ne cherchons surtout pas à faire la morale ni à revendiquer quoi que ce soit.
« C’Slam ! Ouvre toi » ?
On dira que c’st un « voyage à dos de mots ». Nos regards compilés sur la vie, qui passe forcément par des hauts et des bas. Un zapping à 4 voix avec différentes couleurs.
Et quel trésor renferme votre caverne ?
En tant que forme d’expression artistique, c’est justement le slam, le trésor. Le nôtre, et peut être le vôtre si nous arrivons ne serait ce qu’à vous donner l’envie d’écouter puis de prendre la parole.
Les projets ?
Nombreux, parce qu’il s’agit toujours pour nous de faire découvrir le slam ici bas ; En résumé, c’est chaque mois un tournoi yes We Slam au Sirius et une Slam session à De l’autre côté du pont. Ce sera cette soirée Bouts de souffle du 13 mars au Sixième continent dans le cadre du printemps des poètes, puis la Nuit du slam le 22 mai prochain…
Laurent Zine
Le Dauphiné Libéré Vendredi 24 juillet 2009
CONCERT Dernière soirée du festival des Authentiks
« Un conte de fées pour les oreilles »
VIENNE « Un monde merveilleux, ma citadelle » , a chanté pep’s.
Hier soir, Koumekiam, La Tribut du Verbe, Les Ogres de Barback, Pep’s et La rue Ketanou ont transformé le théâtre antique en un monde magique. Découvert au printemps de Bourges 2009, Koumekiam n’a pas eu de mal à investir la scène et à dompter le mur du théâtre antique. Ces slams inspirés par la Roumanie sont de vrais contes où fourmillent des personnages imaginaires.
Entre chaque artiste, les slameurs de La Tribut du Verbe se sont emparés de la scène. « les streap-tease de texte » surnom donné à leurs chansons sans musique, ont été reçues comme des pièces de théâtre, pleine de poésie.
Slam et rock’n roll
Une fois sur scène, Pep’s, l’artiste grenoblois a crée la surprise. Habitué à la mélodie douce et mélancolique du tube « Liberta », le public est resté scotché devant un Pep’s rock’n roll. Ils n’avaient pas mis un pied sur scène que les quatre frères et sœurs des Ogres de Barback étaient déjà acclamés par les 6000 spectateurs. Close par le trio parisien du groupe La rue Ketanou, la 8° édition des Authentiks a enflammé le théâtre, comme toujours.
Camille BRUNIER
Le Dauphiné Libéré le 23 mai 2009
Les Slameurs aux « Moulins à Paroles »
Dans le cadre du festival des « Arts du Récit », les Moulins de Villancourt organisaient, jeudi une grande journée de culture. Intitulée « Moulins à paroles »,
la journée regroupait plusieurs types d’activités.
Des ateliers d’écrituree en lien avec l’exposition « Dis donc Léo » (toiles agrémentées de textes de Léo Férré) que présente Maurice Jayet aux moulins jusqu’au 27 juin, des slameurs novices ou confirmés ont participé à un atelier d’écriture de slam. Pour Moustapha Ferkous, animateur culturel, "le slam fonctionne car il s’adresse à tout le monde" et la « Rime Team », collectif du Pont de Claix, compte 50 personnes âgées de 6 à 80 ans. La préparation de leurs textes terminée, les slameurs sont montés sur scène. Colère , amour ou encore espoir, les textes lus par les poètes transmettaient des messages au public.
Puis, le sociologue, Jean Louis Bernard prenait le relais pour animer le débat « Des cultures populaires, du poétique au politique ». Selon lui, « les hommes ont besoin de retrouver des espaces pour échanger (…) le slam contribue à la circulation de la parole et a un sens politique très fort ».
Pour terminer cette journée Bastien « Mots Paumés », La Tribut du Verbe et les conteurs du festival ont investi chacun leur tour la scène des Moulins. La Tribut du Verbe, venue de Lyon pour l’occasion, a réalisé un show slam polyphonique. Mix Ô Ma Prose, un des slameurs de la Tribut du Verbe présente son groupe : « Nous sommes quatre personnes d’âges et d’horizons différents. La diversité est notre richesse ». Quant à Bastien « Mots Paumés », slameur confirmé, il a présenté la soirée et réalisé des prouesses dont il a seul le secret.
Ludovic GALTIER
